Durant les négociations sur l’accord nucléaire iranien, Paris avait été la capitale la plus exigeante. La France veut aussi l’être pour sa mise en œuvre et essaie de jouer à merveille le rôle du « mauvais gendarme ». Mais lors de sa rencontre avec le président Hassan Rohani à New York en marge de la 72e Assemblée générale de l’ONU, le président français Emmanuel Macron n’a pas non plus hésité à mettre sur la table la question hautement sensible pour Téhéran de « l’après-2025 », c’est-à-dire d’un renouvellement de l’accord de Vienne une fois celui-ci devenu caduque.
Le sujet avait déjà été évoqué entre M. Macron et M. Trump, mais comme en a convenu un diplomate français, il s’agit pour l’instant d’une « ligne rouge » iranienne.
Or, dans le nouveau scénario de l’après-PGAC, les rôles pourraient s’inverser. Cette fois, la France jouerait le « bon gendarme » et Trump endosserait le rôle du « mauvais gendarme ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, affirme que face à Donald Trump, la France continue à défendre l’accord nucléaire et souligne son maintien pour éviter une propagation des armes nucléaires. Mais la proposition du renouvellement de l’accord de Vienne est en réalité celle du président américain qui vise deux objectifs : dès son élection, Trump a abordé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour « vérifier le respect » de l’accord nucléaire. Par la suite, Nikky Haley, l’ambassadrice des USA à l’ONU, a présenté le plan de l’inspection des sites militaires iraniens et le président de l’AIEA, Yukiya Amano, a annoncé que conformément au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l’AIEA avait accès aux sites.
Le deuxième objectif de Trump était de laisser l’accord « ouvert ». Autrement dit, l’accord de Vienne ne définit pas la situation du programme nucléaire iranien après 2025. Trump veut faire pression sur l’Iran pour lui imposer davantage de sanctions.
Au cours de leur entretien à New York, Macron a rappelé à Rohani la nécessité, même si l’accord sur le nucléaire est respecté, « de rassurer et d’apaiser » les pays de la région ainsi que les États-Unis. La question de « l’après-2025 » émanerait donc du président américain en personne, dans le but de pérenniser les restrictions sur l’enrichissement d’uranium en Iran.
Conformément au PGAC, cette proposition de Macron est aussi illégale que le non-respect par les États-Unis de ses engagements.
Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a présenté le lundi 18 septembre à Donald Trump un plan détaillé pour « amender » l’accord nucléaire iranien. « Il existe une volonté américaine d’amender l’accord, et j’ai présenté différentes manières de le faire », a-t-il dit aux journalistes après sa rencontre d’une heure avec le président américain. Preuve incontestable que Washington et le régime de Tel-Aviv préparent un tel plan et ont l’intention de l’appliquer.
En réaction aux propos du président français, Ali Akbar Velayati, membre du conseil chargé de surveiller le respect de l’accord nucléaire, a déclaré depuis Téhéran que « jamais notre pays n’acceptera une renégociation du PGAC ».